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Originaire de Rouyn-Noranda au Québec, le frère Yvon Blais est missionnaire en Côte d’Ivoire depuis 1966. Il a été enseignant, directeur de collège; depuis septembre 2006, à l’âge de la retraite «active», il est au collège catholique Kirmann d’Abengourou où il rend divers services.

Situation de ma mission

 

Depuis septembre 2006, j’ai été affecté au collège catholique Kirmann d’Abengourou (Kirmann vient du nom du premier curé d’Abengourou en 1928). Abengourou est une ville dans l’Est de la Côte d’Ivoire à 30 km du Ghana, le pays voisin, et à 210 km d’Abid-jan. C’est une cité royale avec un roi et des coutumes très particulières. Le collège Kirmann a été fondé en 1965 par trois frères du Sacré-Coeur de l’ancienne province communautaire de Montréal au temps du frère Donat Lefrançois, comme supérieur. C’est un collège 1er et 2nd cycle mixte qui avoisine les 900 élèves sans internat. Le collège est dirigé par des frères ivoiriens depuis 1997. Je vis donc avec deux frères ivoiriens et un frère togolais: frère Célestin Gnabri, directeur, frère Servais Guisso, supérieur, frère Martin Kotchadjo, économe du collège et de la communauté locale.

 

Ce que je vis à Abengourou actuellement:

 

Après avoir enseigné la catéchèse pendant 10 ans au collège, j’ai dû me recycler sur place car ma voix avait des problèmes. J’ai alors réalisé un rêve de jeunesse: évangéliser les jeunes de tout âge à partir d’un bureau ouvert à la jeunesse de la ville où je vis. J’ai donc fait de mon bureau (appelé « petit paradis ») une plaque tournante offrant de multiples services aux jeunes qui m’environnent. Tous ces services me rendent proches des jeunes et me donnent l’occasion d’évangéliser d’une façon moderne, adaptée et décontractée.

 

Je dis bien décontractée » car la porte de mon bureau est toujours ouverte. Peut voir dans mon bureau qui veut car j’y reçois autant les filles que de garçons et même les enfants du primaire. Il est vrai que le climat chaud permet de garder la porte constamment ouverte. C’est un avantage en Afrique.

Services que je rends dans mon «petit paradis» à «l’âge de la retraite active»:

 

1er service: L’écoute des jeunes.

Environ 20 à 30 jeunes viennent me voir chaque jour pour me rencontrer et m’expliquer leurs problèmes de vie. Je fais l’écoute individuelle et l’écoute en groupe. En Afrique, l’écoute en groupe d’amis est populaire et voulue par les jeunes eux-mêmes. Les problèmes d’un jeune peuvent être abordés devant ses propres amis et c’est l’occasion pour moi de faire du bien à plusieurs jeunes en même temps.Chose étrange, c’est le jeune lui-même qui a un problème qui veut que ses camarades soient autour de lui pour lui donner de l’assurance. Souvent je remets à ces jeunes un ou deux bulletins éducatifs que je garde en réserve et qui touche le problème du jeune.

 

2e service: Les coins de prière.

Depuis plus de 10 ans, je fais faire des coins de prière dans les chambres des jeunes et souvent aussi des parents. Je reçois chaque année 500 à 600 kg d’images religieuses et d’objets de piété. J’ai le bonheur d’avoir un bienfaiteur qui finance chaque année le transport de mes colis par la poste-bateau. J’ai réussi à établir une chaîne parfaite et gratuite entre le Canada et Abengourou. Et oui, l’évangélisation des jeunes en Afrique peut pas-ser par des chapelets, des médailles, des crucifix, des images religieuses, de petites bibles et des livrets de prière. L’éveil de la foi a besoin de signes sensibles et visibles chez les jeunes. Chaque jeune qui vient me rencontrer reçoit de quoi faire son coin de prières.

 

3e service: La décoration des cahiers de catéchèse et de catéchuménat des jeunes.

En recevant les calendriers du Sacré-Coeur invendus chaque année, je les recycle dans le catéchuménat et la catéchèse. Des milliers de cahiers sont ainsi décorés par les jeunes chaque année. La beauté religieuse de ces cahiers évangélise indirectement d’autres jeunes qui feuillettent ces cahiers à la maison. Je suis très outillé pour rendre super beau les cahiers des jeunes Les autocollants religieux ajoutent une touche magique à ces cahiers déjà beaux. Tous mes visiteurs ont aussi droit à des autocollants religieux sur leur téléphone cellulaire. Ici tout ce qui est religieux et beau accroche et évangélise indirectement à notre insu. .

 

4e Service: La vente de fournitures scolaires sans bénéfice.

En vue d’aider les jeunes pauvres d’Abengourou, je vends les fournitures scolaires au prix de revient. Cela me donne l’occasion de rencontrer de nombreux jeunes que je ne connaîtrais pas autrement. Je vais à la « pêche » parmi ces jeunes inconnus de moi et je leur propose souvent le catéchuménat s’ils ont le désir de devenir catholiques. Dans ma vie, tout est prétexte pour « pêcher » comme Jésus le veux ou pour faire un bien fou à tous ces visages d’amitié qui se présentent devant moi.

 

5e service: Le club de bonne vie.

Voyant les difficultés de nombreux jeunes dans les villes où j’ai oeuvré, j’ai décidé de faire quelque chose de positif pour ces jeunes. J’ai lancé en l’an 2000 à Gagnoa un club de bonne vie qui a pour but de monter aux jeunes comment vivre avant de se marier ou de s’engager dans une vie donnée à Dieu.

Ce club fonctionne très bien à Abengourou et touche environ 500 jeunes de la ville. Il s’est implanté aussi dans d’autres villes: Abidjan et Yamoussoukro. J’imprime de nombreux documents pour les jeunes du club. Ces documents sont lus non seulement par les membres du club mais aussi par les amis des jeunes du club. Beaucoup de photocopies se font aussi dans les coulisses.

On dit que les paroles s’envolent et que les écrits restent. Je suis témoin de nombreuses conversions ou de retour à la bonne vie par ce club. J’oriente souvent des jeunes qui veulent vivre le sacrement de la réconciliation vers un prêtre ami ivoirien qui est retraité; il les accueille avec miséricorde et bonté.

 

6e service: Le cahier dit « spirituel ».

En 1982, j’ai eu affaire au cas d’une jeune fille de 17 ans qui était décidé à se suicider. Elle m’avait écrit par une amie avant de passer à l’acte. De ce dialogue avec cette adolescente est né le cahier dit « spirituel » parce qu’on y prie dedans. Ce fut le commencement d’une aventure imprévue et très spéciale avec les jeunes en difficulté autour de moi. Depuis 1982, j’ai fait environ 650 cahiers spirituels à raison de 20 à 30 cahiers par année. C’est en toute liberté que le cahier spirituel est proposé à des jeunes à problèmes. Souvent les jeunes eux-mêmes en font la demande car ce cahier spécial ne passe pas inaperçu dans le milieu des jeunes. De ce dialogue profond avec les jeunes naît une amitié spirituelle souvent durable qui profite énormément à ces jeunes souvent nés dans une famille éclatée. Il y a un coin de prière dans ce cahier pas comme les autres cahiers. C’est la présence de Jésus qui change le coeur des jeunes en difficultés. Lors de la fête de mon 50e de vie missionnaire le 7 mai 2016 à Abidjan avec mes anciens élèves, de nombreux anciens élèves ont témoigné du positif que ce cahier spécial a apporté dans leur vie d’ado. Ce cahier est maintenant lu par leurs enfants adolescents. Je continue ces cahiers à Abengourou dans mes moments libres.

 

7e service: L’aide aux jeunes sur courriel, texto et Facebook.

Beaucoup de jeunes font ma connaissance là où je vis et quand nous nous séparons, le suivi commencé peut se poursuivre alors sur internet et Facebook ou sur texto car tous les jeunes ont des téléphones cellulaires maintenant en Afrique. Je me suis donc lancé dans l’apostolat auprès des jeunes là où ils sont. Des messages bien typés inspirés par le Seigneur touchent les coeurs des jeunes et c’est devenu un outil de « pêche » formidable pour ramener les jeunes égarés dans les maux nombreux de notre société moralement et spirituellement malade. Ce travail, je le fais même en congé au Québec dans mes moments libres car il y a du Wi-Fi partout dans nos maisons. Si le Père André Coindre pouvait revivre aujourd’hui, il aurait sûrement un ordinateur et un téléphone portable. Je suis témoin de tellement de merveilles dans la vie des jeunes avec ces outils modernes. J’ai appris sur le tas l’art de « pêcher des âmes » d’une façon délicate et dans le respect de la liberté des jeunes. Je me suis adapté à l’Afrique pour faire ce travail qui serait presque impossible au Canada.

 

8e service: L’aide à deux orphelins.

Depuis une dizaine d’années, j’ai parrainé deux orphelins avec des bienfaiteurs canadiens et ivoiriens. Cela permet à deux jeunes sans famille immédiate d’être scolarisés, logés et nourris d’espérer un avenir meilleur. Les deux arrivent maintenant au marché du travail. Avec l’aide d’anciens élèves bien placés dans la société je travaille actuellement pour leur trouver un bon emploi afin qu’ils volent de leurs propres ailes dans la vie.

 

9e service: Le catéchuménat des jeunes et des adultes de ma paroisse.

Depuis 11 ans, je m’occupe des inscriptions au catéchuménat des jeunes et des adultes de ma paroisse qui se déroule dans notre collège. Ce catéchuménat touche environ 300 jeunes et 40 adultes. J’en profite pour partager avec les catéchumènes plein de choses religieuses que je reçois du Canada. Il y a toute une vie autour de ces catéchumènes en route vers le baptême et la confirmation (5 ans de catéchuménat en tout). Beaucoup de catéchumènes viennent causer avec moi au sujet des problèmes que pose leur inscription au catéchuménat (surtout les musulmans et les païens).

 

10e service: Le prêt de livres spirituels et éducatifs.

Etant le dernier frère canadien en Côte d’Ivoire, j’ai hérité souvent des bibliothèques personnelles des frères rentrant au Canada. J’ai donc décidé de faire servir ces livres en les prêtant à des jeunes ou à des adultes. Chaque année aussi, je reçois plus d’une centaine de livres spirituels et éducatifs qui grossissent ma bibliothèque. Je mets ces livres à la disposition de ma communauté locale, des professeurs, de parents d’élèves et des jeunes que je connais bien dans toute la ville d’Abengourou. Les prêts de livres se font chaque jour à des temps précis. Ce qui attirent le plus les jeunes, ce sont les bandes dessinées de vie de saints. Il y a aussi le prêt de livres éducatifs pour les ados. Ce sont des livres d’éducation à l’amour faits par des religieux et des prêtres qui ont oeuvré en Afrique.

 

11e service: Les services divers.

Ayant un bureau bien équipé et bien situé dans le collège, je suis appelé à rendre de multiples services autour de moi. Voici quelques exemples de services: prêts de tam-tam pour les matches, les fêtes et la JEC, pompage des ballons, réparation de cahiers et de livres, réparation de sandales, commissions en ville pour ma communauté locale et le collège, la poste, le journal, etc…

 

 

Comme vous le constatez, mes journées sont bien remplies à Abengourou. J’ignore le chômage et l’ennui. Je vis heureux comme un « grand-père » entouré d’une multitude de « petits enfants » qui sont les jeunes de la 3e génération de ma carrière d’éducateur. Le Seigneur me donne une bonne santé et je sais que la prière des jeunes pour moi y est pour quelque chose.

 

Voilà un aperçu de mon « coin » de paradis dans l’Est de la Côte d’Ivoire. Je compte sur votre prière.

 

Yvon Blais, s.c. Missionnaire en Côte d’Ivoire

 

 

Abengourou

Pays : Côte d’Ivoire

District : Comoé

Région : Indénié-Djuablin

Langues parlées : Agnis, Français

Densité : 22 hab./km2

La population est de 160.000 habitants pendant l’année scolaire et de 116.000 habitants pendant les grandes vacances. Il y a 22 collèges secondaires dans la ville et 30 écoles primaires.

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